Dès mon plus jeune âge, je fus bercé par les chants touaregs, accompagnés du Tindé, tambour traditionnel indispensable à toute fête essentiellement composés de poèmes en Tamatcheq (langue des touaregs ), ces chants permettraient d’entretenir la mémoire de mon peuple.
Les années sont passées et l’exode est venu pour moi comme pour d’autres.
Pendant dix ans j’ai vécu en Algérie et ailleurs sans attaches toujours nomade au fond de mon cœur.
Je n’ai rien oublié de ce temps jadis mais qu’en est-il de la nouvelle génération ?
Conscient de cette probable perte d’identité pourtant si forte autrefois , un désir profond me poussa à devenir en quelque sorte le message de ce patrimoine si fragilisé.
Mes souvenirs d’enfance me rappelèrent que la musique pourrait les aider à lutter contre l’oubli.
Ainsi, au hasard d’une rencontre, une européenne me remit ma première guitare, c’était en 1984;ce fût en quelque sorte, pour moi, une seconde naissance !