Histoire

La région de Djanet est habitée depuis le néolithique, il y a plus de 10,000 ans, à une époque où le désert n'occupait pas cette partie du Sahara.

La végétation et la faune étaient luxuriantes, comme le rappelle les très nombreuses gravures rupestres du Tassili qui entourent Djanet. Des populations de chasseurs-cueilleurs étaient installées.

Djanet est fondée au Moyen Âge par les Touaregs.


La Route du Sahara
En avril 1909, à Fort-Polignac, le capitaine Niéger prend donc le commandement d'une colonne de cent soixante-dix fusils et d'un canon de montagne de 80 mm.

Parti d'Essendilène le 14 juillet 1909 il arrive en vue de Djanet le 18 et envoie des émissaires aux habitants pour les assurer de ses intentions pacifiques.

Les Kel Djanet, au lieu de témoigner des mêmes dispositions, hissent sur la forteresse de Djanet un drapeau turc et des groupes d'hommes en armes se disposent au combat.

Voulant éviter toute action brutale, le capitaine Niéger leur fait porter un ultimatum leur accordant une heure pour mettre bas les armes et amener l'emblème ottoman.

Pour montrer sa détermination, il fait braquer sa pièce de canon sur le village d'Azellouaz.

Les Kel Djanet préfèrent se plier à ces injonctions; toutes leurs armes sont confisquées et détruites mais encore une fois ni Inguedazzen ni Sultan Ahmoud, pourtant prévenus par le commandant de la colonne, ne se présentent.

Le groupement Niéger quitte Djanet où il n'était pas question de s'installer et se disloque.

Il fallut attendre la guerre italo-turque pour que le gouvernement donnât enfin l'ordre d'occupation de l'oasis.

Le 27 novembre 1911, le capitaine Charlet y entra « sans violence et sans bruit » et y laissa un poste permanent.

Les tribus serves firent leur soumission mais les chefs Ajjer et les nobles Oraghen et lmanghassaten restaient une fois de plus invisibles.

Ils comptaient sur les Turcs qui leur cachaient les victoires italiennes pour prendre leur revanche et piller Djanet.

Le rappel définitif des fonctionnaires turcs de Ghat en 1913 fit tomber leurs illusions sur l'aide à attendre de la Porte mais fatanisés par l'idée de guerre sainte et l'appât du butin, ils préparaient en secret une expédition contre nous.

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En réalité, Seyed El Labed préparait l'attaque de Djanet en fournissant un contingent tripolitain, des armes et même un canon italien. Sûr de son influence, il encourageait les tribus serves soumises à la révolte.

Au début de l'année 1916, sa propagande devient active et fructueuse, elle provoque des départs en dissidence, quelques désertions de méharistes et ébranle la fidélité de certains caïds ksouriens.

Les relations avec le chef du poste de Djanet, jusque là courtoises, deviennent incorrectes. Abdesselem Chardag Tarhouni (Kaïmakam de Ghat) et Sultan Ahmoud s'agitent à Ghat où ils rassemblent une puissante harka.

Le 6 mars 1916, c'est l'attaque brusquée du bordj de Djanet.

Pendant dix-huit jours, le poste est sous le feu du canon ennemi qui y cause de sérieux dégâts malgré la contre-batterie effectuée par la pièce de 80 mm. Pendant dix-huit jours, une pluie de balles s'abat sur la garnison qui a deux tués et sept blessés.

Le 20 mars, le canon ennemi est réduit au silence; cependant les assiégés se voient coupés de leur seul point d'eau qui est battu par le feu adverse.

Les secours demandés à Fort-Polignac ne sont pas arrivés, le moral s'en ressent. Il faut tenter une sortie.

Le 23, au début de la nuit, une première tentative échoue. Le 24, vers une heure du matin, une seconde réussit et c'est la retraite nocturne, lente, vers le nord-ouest à travers le plateau du Tassili, à la recherche d'un point d'eau.

Le 25, au puits de Tabarakat, Lapierre recoupe les traces du capitaine Duclos commandant le secteur des Ajjer qui, à la tête d'une centaine d'hommes rassemblés en hâte dans la région, vole au secours de Djanet. Laissant sur place le brigadier Buc et les blessés, Lapierre avec une trentaine de sahariens repart vers Djanet sur les traces de la colonne de secours.

Le 26, il arrive sur l'emplacement du combat soutenu par le groupement Duclos qui s'est heurté à Djanet avec ses carabines à la mehalla senoussiste forte de sept à huit cents guerriers et disposant de deux canons.

Dans la nuit du 9 mars deux sahariens avaient réussit à sortir du bordj et à porter un message au pâturage de Tarat parcourant deux cent cinquante kilomètres à travers le Tassili en quatre-vingts heures. Ils furent décorés de la médaille militaire.

Mais le maréchal-des-logis Lapierre croit que le capitaine Duclos a réoccupé le fort. Il tombe sur un détachement ennemi et doit décrocher sous le feu.

Le 27, il passe au tilmas d'Assassou en route pour Essendilen. Mais, sans doute trahi par un auxiliaire qui a déserté la veille, il est attaqué vers 17 heures par une cinquantaine de dissidents embusqués dans les rochers. Bientôt c'est la débandade de ses hommes qui se rendent et s'enfuient et il reste seul avec six fidèles Chaamba. Capturé avec eux, il est emmené à Djanet devant Abdesselem et Sultan Ahmoud.

Le ler avril le brigadier Buc, qui a été trahi lui aussi par un déserteur, est fait également prisonnier. Tous deux sont ensuite transférés à Ghat puis, par l'Oued ech Chergui, le Chatti, Sebha. conduits à Ouaou el Kebir. Là, le maréchal-des logis Lapierre restera de mai 1916 à octobre 1918. Il verra mourir d'épuisement de nombreux indigènes de la région et surtout ses camarades de capitivité.

En automne 1918, seul survivant, il est emmené à Koufra où se trouve l'une des zaouia-mères de la Senoussia. Il y arrive le jour de l'armistice, mais c'est le 30 avril 1919 seulement, à Benghazi, après une marche exténuante, que prend fin sa captivité.

Le maréchal-des-logis Lapierre avait mis à profit sa longue détention pour recueillir des renseignements géographiques et politiques de première importance.

François LAMOUR Vers le Sahara de limafoxromeo


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Nom donné au bordj de Djanet en souvenir du commandant Charlet tué en Champagne en septembre 1915.

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Le chef de bataillon Meynier, commandant du territoire des Oasis, pour venger l'échec de Djanet et reprendre Fort-Charlet organise une puissante colonne d'opérations avec deux canons de 80 mm et quatre mitrailleuses dont il prend lui-même le commandement.

Parti d'Ouargla en avril, le groupement Meynier arrive devant Djanet le 11 mai. Le capitaine Pommier avec son goum de Chaamba prend le contact dans l'après-midi par le nord de l'oasis. "

Le 11 mai au soir, le gros de la colonne s'approche par le sud des premiers jardins d'Adjahil et prend pendant la nuit ses dispositifs pour l'attaque du fort le lendemain.

Le 12 mai, par suite du feu intense que les assiégés dirigent sur la colonne dont la position en contre-bas est nettement défavorable, celle-ci se retire en bon ordre en essuyant quelques pertes.

Le 14 au matin, l'attaque est reprise et dure jusqu'au 15 après-midi, les Touareg sont chassés du fort et repoussés sur Ghat. Une petite garnison est laissée à Djanet tandis que le gros de la colonne se lance jusqu'à El Barkat, poste frontière, à la poursuite de l'ennemi.

François LAMOUR Vers le Sahara de limafoxromeo

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A son retour de l'Aïr en juin 1918, Moussa ag Amastane est chargé de coopérer à une expédition contre Djanet décidée par le commandement en représailles des innombrables djiouch qui harcèlent nos troupes depuis très longtemps.

Le capitaine Depommier (successeur du capitaine Duclos) qui commande la colonne a bien l'intention de confier à Moussa la mission d'entrer en pourparlers avec Sultan Ahmoud, maître de la situation aux Ajjer.

L'aménoukal du Hoggar peut parler d'autant plus haut qu'il vient de montrer sa valeur contre Khaoucen et que la guerre sur le front de France tourne à notre avantage; les Senoussistes le savent bien et on prête déjà à quelques chefs Ajjer (Brahim ag Abakada) l'intention de composer.

Le 25 août 1918, le capitaine Depommier quitte In Salah avec cent vingt-cinq fusils, il est rejoint par Moussa à la tête de deux cents Touareg et de vingt-cinq sahariens.

La colonne entre le 28 octobre 1918 à Djanet et prend possession de Fort-Charlet.

L'oasis a été abandonnée par les Ajjer et Sultan Ahmoud a, cette fois encore fui dans le Tassili avec ses fidèles. Mais Moussa réussit à obtenir une entrevue de notre farouche ennemi.

Entouré de guerriers, parmi lesquels les assassins du Père de Foucauld, Sultan Ahmoud palabre pendant de longues heures . Il promet finalement de cesser les hostilités contre nous et de se retirer au Fezzan.

Mais à peine la colonne avait-elle quitté Djanet (9 novembre), les sahariens, reprenant le chemin d'In Salah et le goum Moussa celui du Hoggar, que Sultan Ahmoud lançait de nouveau ses bandes contre nous, ces attaques durèrent pendant deux ans.

François LAMOUR Vers le Sahara de limafoxromeo

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La situation trouble que les bandes fellaga entretiennent en pays Ajjer impose une nouvelle expédition. En juin 1920, le commandant Sigonney, commandant militaire du territoire des Oasis, forme une colonne avec laquelle il reprend la direction de Djanet.

Les Touareg Hoggar aux ordres de l' adjudant Vella rejoignent cette colonne en cours de route et coopèrent avec elle.

Fort-Charlet est réoccupé le 20 juillet 1920.

Tandis que la colonne Sigonney regagne le nord, l'adjudant Vella reçoit la mission, seul Français avec cent quarante Hoggar et trente sahariens du Tidikelt de relancer la harka de Sultan Ahmoud qui tient le Tassili.

Quelques mois plus tard, le 7 octobre, une vingtaine de sahariens du groupe mobile des Ajjer atteignent au-delà du col de Tafelalet sur la route de Ghat des dissidents à la solde de Sultan Ahmoud qui ont opéré à Djanet contre un campement soumis. Les pillards perdent cinq tués et de nombreux blessés dont El Madani, assassin du Père de Foucauld. Ils laissent entre les mains de leurs poursuivants une petite fille qu'ils avaient enlevée à Djanet, onze chameaux et tout leur armement.

C'est en cette fin de l'année 1920 que les bandes dissidentes quittent définitivement le territoire. Leur départ permet de ramener les dernières fractions Ajjer encore hésitantes .

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