La culture du Mali
L’Histoire
Le Mali possède une histoire très riche et relativement bien connue :
Préhistoire - Des peintures rupestres témoignent que la région était déjà peuplée à l'époque où le Sahara était encore verdoyant.
IXe siècle - L'empire du Ghana, créé depuis 2 siècles, atteint son apogée. Sa prospérité est liée aux échanges commerciaux transsahariens : or, esclaves, sel...
XIe siècle - Les Almoravides, des berbères musulmans venus du Maroc et de Mauritanie, imposent l'islam et détruisent l'empire du Ghana.
Milieu du XIIIe siècle - XIVe siècle - Soundiata Keita, chef des Mandés, fonde l'empire du Mali qui connaît son apogée durant tout le siècle suivant. Grands centres commerciaux, Djenné et Tombouctou sont dotés de plusieurs mosquées, écoles coraniques et universités.
XVe-XVIe siècles - Essor et apogée de l'empire songhaï, originaire de la région de Gao. Il s'effondre en 1591 après une invasion venue du Maroc. A partir du XVIIe siècle, l'essor des navires européens fait perdre leur attrait commercial aux routes transsahariennes.
Milieu du XIXe siècle - milieu du XXe siècle - A partir de 1857, les Français occupent le pays qui devient en 1904 la colonie du Haut-Sénégal-Niger, puis, en 1920, le Soudan français.
4 avril 1959 - le Sénégal et le Soudan se regroupent pour former la Fédération du Mali, qui accède à l'indépendance le 20 juin 1960. Deux mois plus tard, le Sénégal se retire de la fédération et proclame son indépendance.
22 septembre 1960 - le Soudan proclame à son tour son indépendance et élit son premier président, Modibo Keita, de tendance socialiste. tout en conservant le nom de Mali.
1968- Modibo Keïta est renversé par un coup d'État conduit par un groupe d'officiers ayant à leur tête Moussa Traoré, qui instaure une dictature.
1970-1980 sont marquées par de continuels problèmes de disette et par des révoltes touareg
1991- L'armée, conduite par Amadou Touré, renverse Moussa Traoré
1992- Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum, restaure le multipartisme et définit un régime semi-présidentiel. Les élections amènent à la présidence Alpha Konaré. Un « pacte national » est signé avec les Touareg.
1997- L'armée, conduite par Amadou Touré, renverse Moussa Traoré.
2002- Amadou Toumani Touré, qui a quitté l'armée pour se présenter, est élu président de la République du Mali, et réélu en 2007.
Art traditionnel
L'intérêt pour la culture traditionnelle, riche et variée, est encore très marqué dans un pays dont l'histoire et les mythes étaient, il y a encore peu, conservés par les griots. (ou « Djéli ») qui exercent toujours leurs fonctions de musiciens-poètes transmettant l’histoire du pays et des hommes sur plusieurs générations.
L'animateur de ce courant qui prône la fidélité aux sources est Amadou Hampaté Bâ (1900-1991), une des personnalités les plus fascinantes de l'Afrique noire, qui s'attacha à recueillir et à transmettre la production orale traditionnelle, en particulier celle des peuls, comme en témoigne l'Eclat de la grande étoile (1974).
De son côté, Massa Makan Diabaté (né en 1938) a fait revivre dans la poésie l'épopée du héros Soundiata (ou Sunjata) et a ressuscité les chants populaires du Mali (Si le feu s'éteignait, 1969). Parmi ceux qui redécouvrent ce riche folklore, il faut encore citer. Traoré, O. Dantioko, S.Kabine, M.A.Kélétigui, Ch. Seydou.
Théâtre et poésie
Le théâtre, représenté par des drames historiques et des comédies de mœurs, compte de bons auteurs : Massa Diabaté, Gaoussou Diauara, Alkaly Kaba et surtout Saïdou Bokoum, qui a écrit un drame violent et passionné, Dépossession (1974), et Laurent Gbagbo, à qui l'on doit un poème dramatique sur (l'épopée de Sunjata). Mais, faute de moyens, le théâtre malien éprouve de grandes difficultés et ne parvient guère à se développer.
Quant à la poésie, elle demeure une activité mineure qu'illustre toutefois avec talent Fily Dabo Sissoko.
Cinéma
En dépit de la précarité de ses moyens financiers et techniques, le cinéma malien a permis à deux cinéastes de s'exprimer et d'acquérir une renommée internationale.
II s'agit de Cheick Oumar Sissoko, auteur de Nyamanton (1987), peinture naturaliste de la vie urbaine au Mali, et de Finzan (1990) qui évoque, avec humour, la condition des femmes dans les campagnes, et de Souleymane Cissé dont les films ont été projetés avec succès dans le nombreux festivals. Dans le Vent (1982) et Yeelen (1987), ce dernier recrée le mystère et la magie des traditions ancestrales avec images d'une grande perfection plastique; dans Waati (1995), il se penche sur le sort d'une femme chassée d'Afrique du Sud par l'apartheid, et qui retrouve, et qui retrouve, au fil de son voyage à travers le continent, son identité de femme africaine, libre et fière.
Musique
La diversité de la musique malienne met en valeur la diversité culturelle du Mali. On peut ainsi trouver différents styles musicaux comme les chansons de chasseur, la musique du wassolou, les griots, etc. ...
La musique Dogon est bien souvent oubliée dans ce patrimoine très riche. Cette musique Dogon est diverse et variée. Elle est étroitement associée aux différents rites: mariages, funérailles, etc.... La jeune chanteuse malienne Déné Issébéré est l'emblème de cette culture musicale Dogon aussi bien au Mali qu'en dehors des frontières maliennes.
Les mélodies traditionnelles, autrefois jouées sur la kora (une harpe comportant vingt et une cordes tendues sur un long collet en bois de rose que l'on fait vibrer avec le pouce et l'index de chaque main), continuent d'alimenter la musique d'aujourd'hui via des interprètes dignes descendants des griots tels Ali Farka Touré, Boubacar Traoré ou Toumani Diabaté.
Parmi les non-griots, on peut également citer Salif Keïta, artiste et musicien malinké talentueux.
La littérature malienne et lectures recommandées
La littérature malienne n'est pas seulement tournée vers le passé. Ses auteurs savent observer avec finesse-et souvent esprit critique-les réalités présentes et les difficultés nées de la décolonisation.
C'est le cas du romancier Seidou Badian, déjà connu pour son œuvre théâtrale (La Mort de chaka, 1961), qui aborde le thème de la présence de la magie dans la vie africaine; de Saïdou Bokoum, qui exprime, dans un style halluciné, sa révolte contre une société inhumaine et prend la défense des Africains immigrés à paris (chaîne : une descente aux enfers, 1974).
C'est encore le cas de Massa Makan Diabaté, qui, dans une trilogie romanesque, a donné vie de un village entier (Le Cycle de Kouta, 1979-1982) d'Adoua Keïta, qui a raconté sa vie de sage-femme et de militante pour la liberté et qui s'affirme comme le porte-parole des femmes africaines, et de Modibo Keïta qui, dans l'Archer Bassari (1984), s'attaque aux oligarchies d'Afrique et donne une description sans fard de la sécheresse au Sahel.
La critique sociale est plus virulente encore dans les romans d'Ihbrahima ( La Toiles d'araignée, 1983 ; Les noctules vivent de larmes, 1988), de M. Konaté (Fils du chaos, 1986), et Yambo Ouologuem la porte à son comble dans le Devoir de violence qui obtint le prix Renaudot en 1968. Mais l'œuvre narrative la plus importante est sans aucun doute L'Etrange Destin de Wangrin (1973), d'Amadou Hampaté Bâ, marqué par un humour savoureux.
Population et société au Mali, collectif (L'Harmattan, 1999) : transition démographique, caractéristiques sociologiques, urbanisation, migration malienne à l'étranger. Différents thèmes sont abordés pour analyser le difficile développement du Mali.
Eléments d'archéologie du Mali (Sépia, 2001) : une présentation générale de l'archéologie en Afrique de l'Ouest qui s'attarde sur la spécificité du Mali.
Youssouf Sogodogo : photographies (Édition de l'oeil, 2000) : le regard d'un photographe malien sur les tresses des femmes de son pays et la ferme de son frère.
Sortie fin août 2008 : un nouveau livre sur l'histoire contemporaine du Mali
La construction d’un État démocratique républicain – d’Abdoulaye-Sekou Sow
456 pages - 24 € - - Editions GRANDVAUX
La gastronomie
La cuisine malienne s'est construite autour des deux aliments de base que sont le riz et le mil: que vous soyez en pays sonrhaï, bambara ou dogon, votre repas sera composé à partir de ces deux aliments ; seuls les accompagnements (sauces, légumes, épices, viandes, poissons) varieront en fonction du repas et de la localité, et bien sûr, il y a autant de spécialités que de régions ou d'ethnies. Aux abords du Niger, le poisson abonde, notamment la perche du Nil (ou capitaine) servie frite ou grillée, parfois même au four ou en cocotte.
Les Maliens mangent peu de fruits et de légumes, tout simplement parce que l'aridité du climat n'en permet la culture que sur une petite partie méridionale du territoire. Néanmoins, après l'hivernage, entre otocbre et janvier, on trouve sur les marchés oranges, pastèques, bananes, tomates, carottes, concombres, haricots et salades. La saison sèche est la période des mangues, succulentes (la mangue malienne est sûrement la meilleure au monde !), et des fruits sauvages tels que le zaban ou le karité, qui apparaissent au début de la saison des pluies. Au-delà des usages locaux, la cuisine malienne s'est enrichie des traditions culinaires ouest-africaines : Le tieboudien (riz au poison) et yassa (riz accompagné de poulet aux oignons) sénégalais, le poisson braisé, l'atiéké (semoule de maïs) et l'alloko (banane frite) ivoiriens se sont progressivement insérés dans la gastronomie quotidienne.
Les Maliens, musulmans, ne sont pas de grands consommateurs d'alcool. En dehors de l'eau qui reste la boisson principale, les boissons les plus appréciées et consommées sont le lait caillé, le jus de fruits locaux: jus de gingembre, dabléni ou jus de bissap (oseille), jus de pastèque et jus de tamarin. Vous pourrez néanmoins trouver des sodas, de la bière, ainsi que le dolo, la bière artisanale à base de mil.
Recettes traditionnelles :
- Le fonio au mouton plat principal à la pâte d'arachide ou à la sauce rouge
- Le To plat principal (bouillie de mil ou de maïs) au gombo (sec et frais ) ou aux feuilles de baobab (fraîches, sèches pilées)
- Tiga Degué ou Maafé plat principal
- Sauce à base de pâte d'arachide et viande de mouton ou poisson
- Fakoye plat principal
- Allabadja Degue servi comme dessert
- Boissons: Jus de Bissap ou Jus de Tamarin ou Jus de mangue
Les us et coutumes
Les familles maliennes sont en général nombreuses et solidaires. Au Mali, la famille, ce ne sont pas seulement les parents, les frères et les sœurs, mais c’est également les oncles, les tantes, les grands-parents et bien sûr les cousins et cousines que l’on appelle aussi frères et sœurs ».
Au Mali, lorsque deux personnes se rencontrent, elles se demandent toujours leur nom de famille, le « diamou ». En effet, le nom de famille est toujours significatif de l’ethnie d’origine, et deux personnes de la même ethnie se considèrent comme des cousins. Les Maliens aiment bien plaisanter au sujet des noms de familles et des ethnies. C’est ce qu’ils appellent le « cousinage ».
Le Mali est un pays musulman , évitez de vous ballader les jambes à l'air. On peut montrer un sein ça ne pose de problème car toutes les femmes allaitent sans gène, le sein ici n'est pas sexuel, par contre les jambes le sont; vous n'êtes pas obligés de porter des pantalons ou des jupes longues mais trouver le juste milieu pour ne pas choquer. Les maliens sont tous très sympas et ne vous diront jamais rien sur votre tenue vestimentaire mais bon c'est à nous de nous adapter!
le Mali est d'abord musulman.
Evitez de donner ou de prendre quelque chose avec la main gauche.
On ne se mouche pas à table.
Ethnies
La population du Mali est divisée en plusieurs ethnies.
Les peuples nomades et semi-sédentaires se trouvent au nord. Les Maures, les Kountas et les Touaregs se partagent environ 10 % de la population. Les premiers sont traditionnellement spécialisés dans le commerce de la gomme arabique tandis que les seconds et les troisièmes sont éleveurs-nomades; ils se déplacent en permanence à la recherche de pâturages frais pour leur bétail.
Plus au sud, on trouve les Bambaras (28%) qui représentent le groupe majoritaire, autour de la capitale Bamako. Ils occupent nombre des postes de fonctionnaires. Il y a aussi les Malinkés qui leur sont apparentés et les Soninkés, les Peuls, les Sénoufos, les Bwas, les Bozos, les Dogons les Songhai.
Les Touaregs, ou « hommes bleus du désert » (ce nom leur vient de l'indigo de leur vêtement), appartiennent à un ancien peuple nomade qui continue à vivre dans le désert, réputé pour sa fierté, ses qualités guerrières et son artisanat. Par suite de la sécheresse et de la politique du gouvernement, les Touareg se retrouvent cependant aujourd'hui confrontés au problème de la sédentarisation. Mais on voit encore leurs caravanes de chameaux surgir soudainement à l'horizon avant de se fondre à nouveau dans le désert.
Les Dogons sont un peuple de cultivateurs qui vit au bord d'un long et étroit escarpement dans le delta intérieur. Le pays dogon a été classé au patrimoine mondial de l'Unesco pour la richesse de sa civilisation. Les Dogons sont également réputés pour leur art, en particulier leurs masques spectaculaires qui correspondent à des rites complexes.
Langues et religions
En raison de la colonisation, le Français est la langue officielle, mais le Bambara est bien plus utilisé par tous les groupes (environ 80 % de la population le parle). Quelques autres langues africaines (peul, sénoufo, soninké, tamasheq, songhaï, dogon, khassonké etc.) sont aussi parlées.
L’Islam est la principale religion pratiquée au Mali (90%), un islam modéré alors que les catholiques et protestants sont très minoritaires, à peu près 1 %. Le reste de la population est animiste (9%). La religion est omniprésente au Mali. Il est rare de trouver un village sans sa mosquée. Mais des cérémonies animistes, notamment en pays Dogon, pourtant interdites par l'islam orthodoxe, persistent encore dans quelques villages majoritairement musulmans.
L'un des lieux célèbres du christianisme au Mali est la ville de Kita dans la région de Kayes (1re région) où se trouve la cathédrale Notre Dame de Kita où a lieu le pèlerinage catholique annuel au Mali.
Fêtes et festivals
1er janvier Jour de l’An
20 janvier Jour des martyrs
26 mars Fête de l’armée : Chute du régime de Moussa Traoré
1er mai Fête du travail
25 mai Fête de l’Afrique : Création de l'Organisation de l'unité africaine
22 septembre Jour de l’Indépendance (envers la France en 1960)
25 décembre Noël
Sont également fériées un certain nombre de fêtes dépendant du calendrier musulman : Korité (fin du Ramadan), Tabaski (commémoration du sacrifice d'Abraham), Maouloud (naissance du prophète), Tamkharit (nouvel an musulman).
La manifestation la plus fascinante du calendrier malien reste la traversée des troupeaux à Diarafabé. Tous les ans, en décembre, selon une tradition vieille de 160 ans, la ville se prépare à l'afflux des troupeaux en transhumance qui se rejoignent sur la rive gauche du fleuve. C'est l'occasion de cérémonies et de festivités organisées autour des bergers qui retrouvent leurs familles et leurs amis après de longs mois dans le désert. Chefs et anciens se réunissent avant ce grand événement pour décider, de façon démocratique et en toute équité, l'ordre de passage du fleuve. Les animaux sont ensuite transportés sur l'autre rive où l'herbe est réellement plus verte.
Lors de la fête des Masques qui dure cinq jours, en avril, les Dogons se livrent à des cérémonies rituelles plus que millénaires. La plus célèbre d'entre elles, le Sigui, n'a lieu qu'une fois tous les 60 ans. Cette périodicité est sans doute liée au calendrier agraire des Dogons, un calendrier qui relèverait d'une mystique aux pouvoirs surnaturels. Il serait fondé sur les cycles orbitaux d'une étoile naine invisible à l'oil nu. Cet astre a été découvert seulement dans les années 1960 grâce à un puissant télescope, mais les Dogons l'utilisaient depuis plus d'un millénaire pour marquer le temps.
Calendrier 2008-2009 :
Ramadan du 2 septembre au 1 octobre 2008
Course de pirogues à Djenné le 22 septembre 2008
Généralement organisée à l'occasion de la fête de l'indépendance. Une autre a lieu en octobre, pendant la fête tabaiho (la chasse au lièvre). Ces courses opposent les habitants des différents quartiers de la ville.
Journée mondiale du tourisme le 27 septembre 2008
Cette initiative lancée par l’Organisation mondiale du Tourisme a pour vocation de stimuler la croissance du secteur, la protection du patrimoine culturel, de l'environnement et des droits de l'homme. À l’occasion de cette journée, toutes les régions du monde offrent aux visiteurs la possibilité de découvrir leurs cultures, leurs folklores, leurs traditions et leur gastronomie. Chaque année, un thème est choisi.
Aïd-el-Fitr (fin du ramadan) le 2 octobre 2008
C'est le premier jour de l'Hégire, qui correspond au nouvel An musulman. En décembre 2008, nous entrons dans l'an 1430 de l'Hégire.
Ras-el-Am ou Mouharram le 29 décembre 2008
Achoura le 7 janvier 2009
Achoura est le 10e jour après le jour de l'an musulman, ce mot signifiant « dix ». Avant de devenir une fête musulmane, Achoura était une fête juive, marquant l’exode du peuple d’Israël après leur délivrance par le prophète Moïse. Pour les Chiites, c'est une journée de deuil commémorant le martyre de Hussein, fils d'Ali et petit-fils du Prophète Mahomet. On jeûne la veille d'Achoura et le jour même. Achoura représente en effet deux jours de fêtes non fériés, donnés en l’honneur des défavorisés et des enfants. Ceux-ci reçoivent de nombreux cadeaux.
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