La culture en Mauritanie
La position géographique de la Mauritanie a facilité l’enrichissement et le mélange de culture maure (arabo-berbère) et noire-africaine. Entre Berbères et Noirs, elle doit composer avec ses peuples pour se forger une identité.
L’Histoire
Le nom provient d'un ancien royaume qui s'étendait sur toute l'Afrique du Nord, « la Maurétanie ».
Le terme "Mauritanie occidentale" appliqué par Coppolani, en décembre 1899, à une partie de l’ "Ensemble mauritanien" supplante progressivement d’autres noms : le "Chinguett" connu de l’orient arabe, le "Sahara occidental" des explorateurs européens ou "Trab el Bidhane" des populations locales,etc.
Cette aire géographique "mauritanienne" a, de tous temps, été terre de brassage entre races et cultures et d’échanges entre civilisations.
L’empire de Ghana (nom repris depuis 1957 par l’ancien Gold Coast) peuplé de berbères (Sanhaja) et de noirs (probablement soninkophones et ethnies vassalisées), qui avait pour capitale Koumbi saleh (dans le Hodh mauritanien), a précédé les premiers Capétiens français, la plus ancienne dynastie européenne.
L’Empire Almoravide qui unifiera une partie du Maghreb occidental et occupera l’Andalousie sur les rives du fleuve Zenaga ou le Sénégal portugais (fleuve Sénégal) ou sur les rivages de l’Atlantique- est contemporain et rival du Ghana.
L’arrivée des Arabes Beni Hassane, au XVème siècle, qui va modifier la structure sociale et la composition ethnique de la société "mauritanienne", imposer progressivement leur arabe dit encore Hassaniya et dicter, jusqu’à l’occupation française, les rapports de force par l’émergence de leurs Emirats à côté de l’Emirat des Idawiich.
Les Emirats qui bordaient le Sénégal ou "Tass maures riverains du fleuve" selon les terminologies usitées des Gouverneurs français du Sénégal, croiseront longtemps le fer avec les autorités de cette colonie.
La brève colonisation de la Mauritanie peut être traduite par cette chronologie :
En 1902 : début de la pénétration coloniale.
En 1903 : la Mauritanie est dite "protectorat des pays maures "
En 1904 : elle devient territoire civil.
En 1920 : la Mauritanie est décrétée colonie française.
En 1934 : fin de la résistance armée.
En 1945 : la Mauritanie est territoire d’Outre-mer de l’union française.
En 1957 : la Mauritanie bénéficie de la loi cadre (dite loi Deferre).
En 1958 : autonome, la République Islamique est proclamée le 28 novembre.
En 1960 : le 28 novembre, l’Indépendance Nationale est octroyée en vertu des accords franco-mauritanien de restitution de souveraineté.
Le pays était dirigé par Maaouiya Ould Taya jusqu'au 3 août 2005. Militaire de carrière, il était chef d’état-major puis premier ministre (1981-1984 puis de 1984-1992) et ministre de la défense. Il présida le Comité militaire de salut national qui renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla en 1984. En 1991, il proclame une nouvelle constitution, instaure le multipartisme et créé le Parti Républicain Démocratique et Social (P.R.D.S.) .
En 1992, il est élu président et est réélu en 1997, malgré de fortes contestations sur l'état des libertés dans le pays.
Le 3 août 2005, l'armée, au travers du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (C.M.J.D.), prend le pouvoir pour officiellement « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Cependant, le nouvel homme fort, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, n'est autre que l'un des plus fidèles compagnons de route du président déchu.
Responsable de la Sûreté nationale (police mauritanienne) pendant 18 ans, il est à la base de toutes les politiques de répressions successives. Ce putsch eut lieu alors que le président était sur le chemin du retour de Riyad où il avait assisté la veille aux funérailles du roi Fahd d'Arabie Saoudite.
Après un cours séjour au Niger et en Gambie, il se réfugia au Qatar où il obtint résidence permanente.
Le 21 avril 2006, le chef de l'État mauritanien Ely Ould Mohamed Vall a autorisé l'ex-président Maaouiya Ould Taya à revenir dans son pays, lui interdisant toutefois de participer aux élections prévues dans le cadre d'une transition démocratique en cours jusqu'en 2007.
Conformément à ses engagements formulés lors de la prise de pouvoir d'août 2005, Ely Ould Mohamed Vall ne s'est pas présenté aux élections présidentielles de mars 2007
Les Arts
À la croisée des influences de l'islam, de la France et de l'Afrique traditionnelle, la culture mauritanienne est le fondement solide, mais non ostentatoire, de la société. L' "authenticité africaine" n'est véhiculée ni par le théâtre ni par la littérature, pratiquement inexistants. Ne manquez pas, en revanche, la musique traditionnelle, qui ne laisse personne indifférent. Impliquant un « tidnit » parfois une « ardine » et souvent un chanteur, ces mélodies lancinantes peuvent porter sur les nerfs de ceux qui n'ont pas l'oreille habituée !
Les Arts
À la croisée des influences de l'islam, de la France et de l'Afrique traditionnelle, la culture mauritanienne est le fondement solide, mais non ostentatoire, de la société. L' "authenticité africaine" n'est véhiculée ni par le théâtre ni par la littérature, pratiquement inexistants. Ne manquez pas, en revanche, la musique traditionnelle, qui ne laisse personne indifférent. Impliquant un « tidnit » parfois une « ardine » et souvent un chanteur, ces mélodies lancinantes peuvent porter sur les nerfs de ceux qui n'ont pas l'oreille habituée !
- la poésie et les contes :
Art le plus apprécié des mauritaniens ainsi que les contes.
Après une chaude journée, le soir, la nuit autour d'un feu de campement, à la belle étoile quoi de plus beau que de conter, chanter ou citer des poèmes...
La nuit les Mauritaniens aiment contempler leur environnement. Les choses sont magnifiées (sans les diviniser puisque interdit par l'Islam), les conteurs savent raconter des histoires qui permettent à l'imaginaire de s'échapper vers le contemplatif.
Les contes servent également à éduquer les enfants en leur transmettant des connaissances, préceptes avec des exemples développés sous formes de petites histoires...
C'est ici que l'on peut apprécier le carrefour des cultures de ce pays car la musique est influencée par les sons des peuples berbères du nord et les peuples noirs du sud.
La musique traditionnelle rappelle les exploits des princes guerriers des grands empires qui ont existé en Mauritanie. Elle est assez élitiste. Aujourd'hui, une musique populaire jouée par des artistes actuels est écoutée dans les événements religieux tels que les baptêmes.
Les instruments de musique se modernisent et remplacent les Tidinit (luth à quatre cordes),, Ardine (harpe), Tbel (tambour) ...
Elle est surtout orale constituée de chants et de musique. Chaque groupe social (guerriers, tisserands...) a son chant.
Lectures recommandées sur la Mauritanie
Guide Lonely Planet Afrique de l’Ouest 2007
Guide Le Petit Futé Mauritanie 2007
Guide Sahara. Guide bleu Evasion, Hachette.
La Mauritanie aujourd'hui
de Jean-Claude Klitchkoff
Sur la route des caravanes : D'Atar à Néma
par Rachid, Tidjikja et Oualata
de Abdallahi Fall , André Cormillot, Mohamed Adnan Ould Beyrouk
La vallée du fleuve, du Guidimagha au parc national du Diawling
Collection : Découverte de la Mauritanie -
Un guide touristique de la région du fleuve Sénégal (sud de la Mauritanie)
Mauritanie de Mamadou Sall
présentation de la Mauritanie à travers la géographie, la population, l'histoire et la vie quotidienne.
Contes arabes de Mauritanie
des contes en Français, en Arabe et en Hassanya, classés par thème et et au-delà de l'émerveillement ils permettent de mieux comprendre la société Mauritanienne.
Cérémonies d'Afrique de Carol Beckwith et Angela Fisher
rites d'initiation, cérémonies de mariage, pouvoir et royauté, célébration des saisons, croyances et cultes, esprits et ancêtres... Du Swaziland au Mali, de l'Éthiopie au Nigeria, les deux photographes ont tenté de saisir l'intimité de l'Afrique, au cœur de nombreuses tribus.
Miroirs de l'Afrique de Michel Leiris
les principaux textes de Leiris consacrés à l'Afrique où il rend compte à la fois de ses études de terrain des populations indigènes et de ses propres états d'esprit. Fasciné par les rituels sacrés qu'il décrit avec précision : langue secrète et cérémonies des masques chez les Dogons de Sanga, ou transes par les génies zâr chez les Éthiopiens de Gondar.
Les derniers nomades de Pierre Denis
un ouvrage sur les tribus Reguibat du nord de la Mauritanie.
Maxence au désert : souvenirs de Mauritanie de Théodore Monod
Impossible de ne pas citer Monod quand on parle du désert et surtout de la Mauritanie
en 1923 Théodore Monod participe à sa première méharée, 800 km à travers la Mauritanie occidentale. Passionné, fervent, ce chant du désert est en même temps un document exceptionnel, écrit par un homme au carrefour de son destin.
La gastronomie
La cuisine mauritanienne est composée de produits locaux tels que le mil, le blé, l'orge, le haricot, le pastèque, les dattes etc. C'est donc une cuisine typique des peuples du Sahel. Les plats les plus connus sont à base de couscous, El aiche, Baci, sakou, Echerchem, Leglyé,Bellakh, Belleghmane, Hacou, lemvassas, etc.
À part ces produits traditionnel d'autres denrées étrangères tels le riz, la pomme de terre sont également consommés et la mondialisation influence les méthodes et les usages culinaires.
Sans être aussi riche et variée que sa voisine marocaine, la cuisine mauritanienne réserve quelques bonnes surprises. Les bédouins arabes ont introduit les dattes, le lait et le pain, qui constituent encore la nourriture de base. Les Maures ont pour leur part apporté les ingrédients de la cuisine andalouse (olives, huile d'olive, noisettes, amandes, fruits et herbes aromatiques) tandis que les Arabes ont enrichi la cuisine marocaine des épices, comme le ras el-nahout, subtil mélange utilisé pour relever les tajines.
L'influence berbère se retrouve dans les plats les plus répandus. Le plus connu est le couscous, où se côtoient les saveurs de la semoule cuite à la vapeur, de la viande, de légumes parfumés et d'un condiment épicé, la harissa. Les délicieux tajines sont des ragoûts de viande parfumés aux herbes aromatiques et longuement mijotés dans des plats en terre cuite. Il en existe une infinie variété. Poulet-citrons confits et agneau-pruneaux-amandes sont les plus courants. Le m'choui (méchoui) est un agneau rôti entier, traditionnellement accompagné de brochettes de foie et de cœur d'agneau. Autre spécialité berbère, la harira est une soupe épaisse préparée avec de la viande de mouton, des lentilles, des pois chiches, des oignons, de l'ail, des herbes aromatiques et des épices. Elle est traditionnellement servie pour rompre le jeûne, lors du ramadan.
Les us et coutumes
Le boubou ou la derraa traditionnels des hommes est en coton bleu et permet de supporter les températures chaudes du pays. Les milieux plus aisés choisissent des tissus clairs avec des broderies blanches, dorées... Le sérouel se porte en dessous, c'est un pantalon bouffant qui laisse passer l'air.
Les femmes ont des tissus plus éclatants, avec des couleurs chatoyantes. Les femmes du sud ajoutent sous le boubou, un pagne et un foulard sur la tête. Le melehfa est un voile qui drapent les femmes et qui est très souvent fortement colorés imitant parfois la soie.
Le haouli est une pièce de tissu rectangulaire indispensable pour le désert qui se met autour de la tête.
Le pourboire est une question délicate partout en Afrique. Schématiquement, si vous avez l'air d'un auto-stoppeur, si vous voyagez en bus ou en taxi collectif, si vous mangez dans les restaurants africains, on n'attendra de vous aucun pourboire. Si votre apparence est un peu soignée, vous aurez l'air riche : il est alors normal de laisser 10% dans les restaurants, les hôtels et les taxis.
La vie sociale maure se déroule souvent autour du traditionnel thé à la menthe. Il est d'usage d'en verser trois verres successivement. Fort et sucré, il donne autant d'énergie qu'un café corsé.
Il est strictement interdit de photographier les bâtiments publics. Il faut toujours demander l’autorisation avant de prendre des personnes en photo.
Fêtes et festivals
Nouvel An (1er janvier),
Fête de l’organisation de l’unité africaine (26 février),
Fête du travail (1er mai),
Jour de l'Armée (10 juillet),
Jour de la libération africaine (25 mai),
Fête de l'Indépendance (28 novembre),
Anniversaire du coup d'État de 1984 (12 décembre) ; auxquels s'ajoutent les fêtes religieuses
Dans la religion musulmane, qui est l'unique religion de la Mauritanie, on parle de calendrier de l’Hégire, en référence à la date d'installation du Prophète (PSSL) à Médine. La première année de notre calendrier commence donc le 16 juillet 622.
Aïd el-Kebir : On nomme également cette fête la « fête du sacrifice ».
Premier Moharram : c’est le nouvel an musulman.
Mouloud : Cette fête commémore la naissance du prophète (PSSL)
Aïd el-Seghir ou Aïd el-Fitr : c’est la fête qui clôture le ramadan.
Ethnies
La Mauritanie constitue un point de passage entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Elle est peuplée d'arabo-berbères originaires du nord du continent, de Peuls et de soninkés.
40% de Maures noirs, 30% de Maures, 30% de Noirs mauritaniens (Peuls, Toucouleur, Soninkés, Haal-Pulaars, Wolofs).
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