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Patrimoine mondial de l'Unesco en Mauritanie

Deux parcs naturels (le Banc d'Arguin et le Parc de Diawling) sont classés par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité.



Parc National de Diawling (Réserve de Biosphère)

En 1991, la Mauritanie, a décidé de restaurer 16 000 hectares d’anciennes terres d’inondation dégradées en créant un parc situé sur la rive droite du fleuve Sénégal, dénommé « Parc National de Diawling » .

Le Parc National du Diawling, situé au sud-ouest de la Mauritanie, est une réserve naturelle importante. Bien qu’il soit plus petit que le parc naturel du Banc d’Arguin, ce site regorge d’espèces animales. Cette zone de Mauritanie composée de marais, est marquée par la présence de phacochères, de caprins et de dromadaires, qui sont attirés par une végétation dense. Ce site est doté d’eaux poissonneuses attirant de nombreux oiseaux (aigles, canards, faucons, sarcelles…). Pendant les périodes de migration, de nombreux oiseaux font escale dans cette région (flamands roses, hérons, hirondelles, pélicans…).

Des promenades en dromadaire, calèche et pirogue permettront de faire connaître le Parc aux visiteurs. Cette activité contribue à valoriser le rôle du Parc dans la conservation et la préservation de la biodiversité dans le Bas Delta Mauritanien. Elle met également en valeur les modes culturels des populations qui y vivent comme les Wolofs, Maures et Peuls qui y sont installés.

Parc national du Banc d'Arguin ( PNBA)

Pour vous rendre sur place depuis Nouakchott, empruntez en 4x4 la route de la plage : 155 km à marée descendante (il est indispensable de connaître l'horaire des marées), puis 50 km de désert. Le banc d'Arguin se situe à environ 250 km de Nouadhibou, mais il est encore moins accessible par le nord.

Le banc d'Arguin , longe le littoral mauritanien sur plus de 180 km et couvre une superficie de 12 000 km2 composée à parts presque égales de zones maritimes et terrestres.

  • Ecosystème côtier
Cet écosystème côtier exceptionnel est baigné par des remontées d'eaux profondes, froides et riches en éléments nutritifs ("upwelling"). La présence simultanée d'herbiers et d'un upwelling important engendre une productivité biologique élevée et explique la présence de populations denses d'oiseaux d'eau, de poissons, d'invertébrés et de mammifères marins.
C'est dans le but de protéger ce milieu unique et la biodiversité qu'il abrite que le Gouvernement mauritanien a créé, en 1976, le Parc National du Banc d'Arguin, reconnu, en 1982, comme Zone humide d'importance internationale (Convention de Ramsar) et déclaré, en 1989, site du patrimoine mondial dans le cadre du Programme l'Homme et la Biosphère de l'UNESCO.

  • Réserve d'oiseaux
Le parc est un carrefour pour les échassiers effectuant leur migration entre l'Europe, l'Asie septentrionale et l'Afrique. C'est plus de 2,3 millions de ces oiseaux qui s'arrêtent sur le Parc National du Banc d'Arguin entre octobre et mars, mettant en évidence la fantastique productivité de ce milieu où les migrateurs trouvent abri et nourriture en abondance. Tout au long de l'année, le Parc abrite de nombreux oiseaux d'eau qui s'y reproduisent, notamment sur les îlots de la partie sud. Cormorans, sternes, dont la grande sterne caspienne, et goélands côtoient des échassiers comme les hérons gris, les aigrettes, les flamants roses et les spatules. On estime que 30 à 40000 couples y nichent chaque année.

Des dénombrements réguliers, terrestres et aériens, permettent de suivre les fluctuations d'abondance d'une année sur l'autre. Le rôle de ces flux massifs sur le fonctionnement de l'écosystème Banc d'Arguin, notamment en ce qui a trait au cycle de la matière organique consommée et rejetée, reste à élucider.

Un peu partout dans la mer incroyablement claire et peu profonde (pas plus de 3 m sur une bande de 25 km à partir du rivage), des îles de sable abritent des oiseaux qui y nidifient. On ne peut observer ceux-ci que depuis de petits bateaux, accompagné d'un guide et après avoir obtenu l'autorisation de la direction des parcs nationaux. Planifiez votre voyage, car les périodes de visite sont extrêmement réglementées (vous ne pouvez pas approcher les oiseaux pendant la saison des amours – deux fois par an ). Il est préférable d'avoir son propre bateau.

  • Faune ichtyologique
Riches en nombres d’espèces, la faune ichtyologique du Banc d'Arguin reste peu étudiée. Des fluctuations d'abondance liées à l'alternance des saisons froide et chaude et aux cycles de reproduction sont notées pour les espèces migratrices comme le mulet jaune et certaines espèces de requins et de raies. Les juvéniles sont abondants, suggérant que cette zone jouerait un rôle de nurserie pour ces dernières.
Parmi les poissons de fond les mieux représentés, signalons les raies, notamment la raie guitare, les requins, les sparidés (pagres, dentés, pageots), les ariidés (machoirons) et les sciaenidés (courbines). La présence de poissons ciclidés comme le Toumvertel, sorte de tilapia normalement inféodé aux eaux saumâtres est un indice du passé estuarien de cette zone.
En ce qui concerne les petits pélagiques, en dehors des mugilidés déjà signalés, il faut noter la présence de concentrations importantes de sardinelles dont l'ethmalose (Ethmalosa fimbriata), un poisson typique des zones estuariennes.

  • Les mammifères marins
Ce groupe est particulièrement bien représenté dans le Parc. La population de phoques moines (Monachus monachus) du Cap Blanc est la dernière concentration génétiquement viable de ce phoque qui fait partie de la liste des douze espèces les plus menacées du monde.
Réfugiés près des falaises situées sur la côte ouest du cap, cette population a été victime, en 1997, d'une mortalité massive dont les causes restent hypothétiques et dont les conséquences à long terme pour la survie de la colonie demandent à être évaluées. Un plan de sauvegarde du phoque moine de l'Atlantique Centre-Est est en cours de rédaction avec la participation de l'Espagne, du Maroc, de la Mauritanie et du Portugal.
Le grand dauphin ou dauphin souffleur est observé fréquemment près de la côte et se fait parfois le partenaire plus ou moins volontaire de la pêche Imraguen au mulet. Le dauphin à bosse de l'Atlantique ou dauphin de Guinée plus difficile à observer, et l'orque épaulard font partie des hôtes habituels du Parc.

  • Les tortues marines
Plusieurs espèces de tortues fréquentent le Parc National du Banc d'Arguin, principalement la tortue verte, la tortue luth et, plus rarement la caouanne et la tortue à écailles imbriquées.
L'activité de nidification des espèces les plus courantes semble très limitée et des recaptures de tortues baguées mettent en évidence un lien entre les populations rencontrées en Mauritanie et celles se reproduisant en Guinée Bissau.
Les tortues ne font pas l'objet d'une pêche ciblée mais sont souvent victimes des filets à requins et leur chair est très appréciée par les Imraguen. Un programme d'évaluation d'abondance, d'étude des cycles biologiques et de sensibilisation des populations résidentes devrait permettre de mieux apprécier l'état des stocks et de diminuer la pression de pêche.

  • Faune benthique
Moins visible, la faune benthique, composée d'invertébrés de tailles très variées, constitue pourtant l'un des maillons les plus importants de la chaîne alimentaire puisqu'elle constitue la source d'alimentation des oiseaux migrateurs limicoles et de nombreux poissons.
Les crabes : partie la plus visible d'une faune benthique dense et diversifiée dont la composition spécifique et l'abondance sont encore insuffisamment connues, les crabes envahissent l'estran par millions durant l'étale de basse mer.

  • Les gazelles
Si les oryx et les autruches ont totalement disparu, il subsiste quelques populations reliques de gazelles dorcas. Les prédateurs comme les chacals et les hyènes rayées et, à un moindre degré, les renards et les fennecs, ont mieux résisté, au prix d'un changement de leur régime alimentaire pour s'adapter à la disparition de leurs proies traditionnelles, notamment petits rongeurs, consécutive à la sécheresse.
Ce groupe faunistique est depuis longtemps une des "vitrines" du Parc. Les superlatifs ne manquent pas pour décrire les énormes concentrations de limicoles paléarctiques qui, après s'être reproduits au cours du printemps dans le nord de l'Europe et de la Russie, migrent progressivement vers le sud pour prendre leurs quartiers d'hiver en Afrique de l'ouest.

Bien que les conditions climatiques soient de type aride, la flore du Parc présente une diversité surprenante puisque plus de 200 espèces ont été recensées jusqu'à présent.

  • La flore
On peux trouver les plantes typiques des milieux désertiques :
- arbustes ou arbres comme l'acacia faux gommier (Acacia tortilis), le pommier de Sodome, le figuier d'enfer, Maerua crassifolia, Cormulaca monacantha, Balanites aegyptiaca,
- graminées comme Stipagrostis pungens, Panicum turgidum.

A l'approche de la côte, le degré d'humidité augmente notamment du fait de l'évaporation intense. Une flore adaptée à ce contexte géoclimatique particulier et capable de supporter des niveaux de salure des sols importants apparaît alors, composée principalement d'Arthrocnemum indicum, Atriplex halimus, Nitraria retusa, Salvadora persica, Traganum moquini, pour arriver en bordure d'estran à des plantes halophiles vraies comme Suaeda maritima, Sacocornia perennis, Avicenia germinans.

Enfin, les vasières soumises à la marée sont couverte par des plantes marines, principalement Zostera noltii, mais également Cymodocea nodosa et Halodula wrightii.

  • Les Imraguens
L’occupation humaine du parc est le fait des Imraguen qui occupent huit villages répartis le long de la côte, pour un total d'environ 1 500 personnes. Ils sont les seuls autorisés à pratiquer une exploitation contrôlée des stocks halieutiques dans l'enceinte du Parc où l'utilisation de bateaux à moteur est strictement interdite.
Les Imraguen pratiquent une pêche traditionnelle, soit à pied, à l'aide de filets, principalement pour la capture du mulet jaune soit avec des filets maillants de plus grande taille, à partir de lanches à voile latine, embarcations introduites au début du siècle par des pêcheurs canariens pour la capture des sélaciens.

Depuis une décennie, les sélaciens - raies et requins - sont les principales cibles de cette pêche opportuniste motivée par l'ouverture, au début des années 90, d'un marché très rémunérateur pour l'aileron de requin séché à destination de l'Asie du sud-est et, plus récemment, pour la chair salée-séchée exportée vers le Sénégal et le Ghana. Cette exploitation n'est d'ailleurs pas sans poser de sérieux problèmes de gestion des stocks, compte tenu du cycle reproducteur très particulier des sélaciens.

De même, l'exploitation des mulets, principalement pour le prélèvement des œufs, commercialisés sous le nom de poutargue, demande à être réglementée à l'intérieur comme à l'extérieur du Parc où les bateaux de pêche capturent des tonnages importants à l'aide de filets tournants.
Le Parc met en œuvre depuis quelques années une approche participative basée sur une concertation étroite avec les populations. Le but est de faire des Imraguen des partenaires actifs de la conservation en les aidant en parallèle à améliorer leurs conditions de vie.